100 Portes ? la réponse inprévue

 
Témoignage des enfants
au vernissage de l'exposition
15-10-2004
   
Dernière mise au point


1) Pourquoi vous trouvez-vous ensemble tous les trois ?
Parce que nous avons participé au projet des 100 portes

2) Pourquoi "100 portes"?
100 portes c'est " 10 x10 " car nous voulons beaucoup de portes
sans portes c'est aussi " pas de porte " car il ne faut pas dresser des murs entre nous, il ne faut pas des groupes qui se referment sur eux-mêmes, sans laisser passer les autres !
Nous ne voulons pas d'exclusion!
Nous ne voulons pas que des enfants soient exclus et qu'ils n'aient pas tous les mêmes chances que nous pour grandir
Il faut donc percer beaucoup plus de portes, il faut oser ouvrir des portes
C'est ce qu'on peut lire sur les poèmes que des enfants ont écrits.
On a travaillé avec des enfants en bonne santé et en moins bonne santé, qui viennent de différentes écoles, qui parle différentes langues, de la Belgique et du Népal. Avec des familles qui ont différentes religions ou convictions, des jeunes et des moins jeunes…
Je passe la parole à …

3) Pouvez-vous nous parler de ce projet ?
On travaillait à deux (ou à plusieurs) sur une même porte. On ne coupait pas notre territoire en deux. Il fallait s'arranger et dialoguer pour arriver à faire quelque chose ensemble.

Que ressentais -tu quand tu entrais dans le territoire de l'autre ?
Quand je travaillais sur ma porte, que j'étais dans mon territoire je ne me sentais pas coupable si je ratais.
Mais quand j'allais dans le territoire de l'autre, ou que je peignais sur sa porte, c'était plus risqué j'avais peur de le blesser.

Que ressentais - tu quand l'autre entrait sur ton territoire ?
Quand on se trouvait devant notre porte, au début c'était soit l'un soit l'autre qui travaillait et cela se passait bien .
Travailler ensemble c'était beaucoup plus difficile parce on avait tout le temps peur que l'autre vienne changer ce qu'on venait de faire ou abîmer notre partie, on se disait sans cesse:" tu ne vas quand même pas abîmer ma porte!".

Est-ce que c'est facile de se partager un même territoire?
Les idées, c'est comme de l'eau. il ne faut pas les laisser déferler sur les autres pour les engloutir. Mais au contraire, il faut que ce soit des petites vaguelettes qui viennent clapoter et invitent les autres à plonger dans les idées et y apporter de nouvelles…
Parfois il faut mettre nos idées sur le côté pour laisser de la place aux autres.
Parfois, on a peur que les idées des autres nos engloutissent, Parfois, nos idées sont toujours rejetées, on se sent rejeté, exclu du territoire on se noie …
En peignant cette porte, c'est un peu comme dans la réalité, quand un groupe que ne veut pas me laisser entrer dans son groupe. A chaque coup, il te rejette…ça fait mal et après des années ça donne des blessures qui font toujours mal…
Je pleurais beaucoup…et plus je pleurais, plus on se moquait de moi…
Ça laisse des profondes blessures morales… ( et l'une d'entre-nous pleurait encore en préparant ce texte)

4) Qu'est-ce que ce projet vous a apporté ?

Ce projet c'est comme si on visionnait les films de notre passé, qui nous a fait mal…on vit de mauvais moments mais par ce projet, ces choses reviennent …mais en le disant, elles s'échappent et on se sent mieux.
Il y a plein de gens qui vivent la même chose…
Quand j'étais triste j'aurais voulu que quelqu'un ouvre une porte….

Grâce au projet on a pris conscience que c'est important qu'on ouvre les portes pour les autres et aussi pour soi-même.
Pour cela il faut la clé
Elle est cachée dans le cœur … Un bout de clé est cachée dans le cœur de chaque personne. Ensemble on peut reconstituer la grande clé et qui ouvre la porte de la paix pour toute notre terre.

A l'atelier, on devait partir de ce qu'on observait sur la porte,on devait faire face à la réalité. Il fallait par ex. intégrer le signe d'interdiction… et ne pas le faire disparaître on s'est cassé la tête là-dessus!
Il faut essayer de capter tout ce qui fait face à moi, sentir…absorber au plus profond de soi ce que la personne, la chose veut nous dire…
Après, on peut répondre…dialoguer…
Il faut faire face à la réalité Quand je parle des enfants de ma classe et qu'il y en a un que je n'aime pas, je ne dois pas le barrer. Je dois faire face à la réalité. Il est là, il a sa place et il a aussi un bout de clé dans le cœur.

Margot, Vladimir, Nicolas, Morgane, Alexis, Constance.